Belle ville généreuse d'espaces en mutation, de creux, de vides
Belle ville du monde qui vit au rythme de l'humain
Belle ville dont les blessures sociales sont à vif, à vue
Belle ville qui a le visage d'une transformation
Belle ville où il fait bon s'inventer et se réinventer

 

Ce ne pourrait être Vannes ou Valencia,

Ce pourrrait être Cordoba, Nantes ou Barcelone

C'est un peu mon Paris, c'est beaucoup Belleville, surtout le bas Belleville [Babel Ville], c'est bientôt Saint-Denis

 

Sans frontières, le lieu d'une utopique rencontre

10/2010

Octobre 2010, bientôt un an que je vis à Belleville et bizarrement mon quartier correspont à peu de choses quotidiennes. Peu de points de référence, mon emprise sur cet espace je ne l'associe qu'au chemin parcouru et qui relie ces quelques points selon mes besoins et mes activités.

 

3 stations de métro // 1 station Vélib’ // 2 supermarchés // 1 marché // 1 marchand de vin // 1 loueur de DVD // Des bars et restaurants // 1 pharmacie // 1 boulangerie // 1 cordonnier // 1 voisine amie. Et je suis exhaustive. 

 

Les territoire est ailleurs...mais où ?

Le territoire doit être une image impalpable ?

Le territoire doit être un lieu habité par des vivants ?

Le territoire n'est pas seulement une traversée, il est plutôt son empreinte.

 

11/2010

Je filme mon parcours en train de la gare du Nord à la gare de Saint-Denis. Une partie de mon territoire ne se trouve-t-elle pas dans ce paysage qui défile quotidiennement sous mes yeux ? Je ne me lasse pas d’en admirer les formes et les lumières.

12/2010

Les territoires sont des réseaux parsemés de bulles inconnues.

Fabrication d’un plan, repérage de mon territoire et de ses limites plus ou moins floues, repérage des zones de frottement et de glissement, des zones de friction en termes d’usage, de communautés, d’architecture…
Fabrication d’un plan, repérage de mon territoire et de ses limites plus ou moins floues, repérage des zones de frottement et de glissement, des zones de friction en termes d’usage, de communautés, d’architecture…

01/2011

Je pars par le haut de la rue de Sambre et Meuse, marche sans m’arrêter sur le terre-plein du boulevard de la Villette et rejoins Belleville. Temps d’observation et d’écoute à l’entrée du métro. C’est dimanche, le carrefour est peuplé d’hommes parlant toutes les langues du monde. Je descends vers la rue du faubourg du temple. Les magasins sont ouverts et les trottoirs peuplés de familles. Ici et là les flâneurs stationnent devant les boutiques. Je retrouve le même tumulte de langues étrangères, mais cette fois-ci au féminin. À quelques centimètres les unes des autres, des femmes chinoises et des femmes maghrebines discutent. Je ferme les yeux et ce métissage de voix me fait voyager. En ce dimanche bellevillois, sous le soleil d'hiver, le quartier me semble d'une grande paisibilité.

02/2011

L'axe Parmentier / Claude Vellefaux est une frontière sociale, urbaine et architecturale intéressante.

 

À l'ouest : un quartier très mixte, rassemblant des populations d’origines variées et une communauté chinoise très présente et isolée du reste des habitants. Un quartier bruyant, commerçant, vivant, bétonné, en partie rénové et qui tend à se boboïser sans y être totalement parvenu à ce jour. Y perdurent quelques immeubles insalubres. 

 

Au sud est : un quartier « blanc », familial, calme, avec des commerces éparses, lotti d’espaces de verdure (Canal, square Juliette Dodu…) et de jeu (skate parc et terrain de basket). S'y intègre la ZAC de la Grange aux Belles, un îlot "social" dans une architecture de brique : école, commerces, centre culturel, centre médical, complexe sportif, le tout aux pieds des logements. 

Encadrements, décompte de pas, rythme personnel, cadence des foules, murs frôlés, airs fredonnés. Je pratique les protocoles sur des trajets quotidiens et ne m’accorde pas de temps spécifiques pour les expérimenter.

Mon expérimentation porte essentiellement sur le double trajet quotidien hivernal de mon appartement à la gare du nord en passant par la ligne 2 du métro et le fabuleux couloir de la Chapelle.

Au fil des jours et de mes passages, j’observe le rythme de vie de cet espace d’un autre temps, auquel je n’avais prêté de véritable attention avant d’en faire mon terrain de jeu.

 

Les chassés-croisés des travailleurs matin et soir : l’anonymat en rapport d’une présence de jeu, un état de corps de marche contrôlée. Le vide du dernier RER, quand je rentre tard du 6B : un espace à remplir et l'empressement d’un interminable chemin. Les vendeurs pakistanais le long des murs de 9h à 19h : la décision subite d’une halte maîtrisée à chacun des étalages. La longue architecture de ce tunnel carrélé et bigarré dont le mouvement, dans le vide semble infini. L’écho lointain des trains.

 

03/2011